Elisabeth Adidja Ntsama Owona, ing.
Derrière cette illusion de réalité se trouvent des personnes expertes et ingénieures, comme Elisabeth Adidja Ntsama Owona. Ces systèmes permettent de former les pilotes dans un contexte réaliste, mais sécuritaire.
« Le but du simulateur est de reproduire le plus fidèlement possible la réalité et les comportements d’un avion. S’il ne reproduit pas assez bien la réalité, nous devons résoudre le problème », résume celle qui est ingénieure de simulation à CAE et qui est aussi lauréate 2026 du prix Honoris Genius – Relève en pratique générale ou privée de l’Ordre des ingénieurs du Québec.
Rien ne prédestinait pourtant Elisabeth Adidja Ntsama Owona à travailler dans ce domaine. Après une formation en ingénierie électrique à l’École nationale supérieure Polytechnique de Yaoundé, au Cameroun, elle poursuit à la maîtrise en génie électrique, automation et systèmes à Polytechnique Montréal. Elle découvre la simulation presque par hasard lors d’un stage en systèmes de contrôle chez Nova Bus.
« Je ne voyais pas nécessairement le lien avec tout ce que je faisais avant. Au fil du temps, j’ai compris », explique l’ingénieure.
Longtemps associée à l’aéronautique, la simulation dépasse aujourd’hui largement le cockpit. « On peut trouver des simulateurs dans plein de domaines, comme la santé, les jeux vidéo ou la mobilité », ajoute-t-elle. Leur réalisme varie aussi beaucoup d’un simulateur à l’autre. « Certains reproduisent les mouvements d’un avion. D’autres recréent des situations, comme une panne électrique », illustre-t-elle.
Au sein de l’équipe d’après-vente de CAE, Elisabeth intervient sur des simulateurs déjà en service. Son travail exige une compréhension transversale des différents systèmes de l’avion.
« Il faut faire preuve d’agilité : on passe constamment d’un système à l’autre pour identifier la source d’un problème. Même après la livraison et tout au long du cycle de vie du simulateur, le travail auprès de la compagnie aérienne et du pilote se poursuit. L’appareil évolue, les besoins de formation aussi ; le simulateur doit être conséquemment adapté. C’est comme un téléphone : il faut faire des mises à jour », poursuit-elle.
MODÉLISER AVANT DE DÉPLOYER
Pour Elisabeth Adidja Ntsama Owona, la simulation deviendra incontournable dans de nombreux secteurs. « On y a de plus en plus recours pour tester des scénarios complexes de façon sécuritaire », souligne-t-elle. La simulation permet ainsi de tester des situations qui seraient impossibles, trop risquées ou trop coûteuses à expérimenter dans le monde réel, tout en accélérant l’innovation.
À mesure que la simulation gagnera du terrain, les ingénieures et ingénieurs de demain devront développer certaines compétences clés, estime Elisabeth Adidja Ntsama Owona :
« La pensée systémique est essentielle pour comprendre les interactions entre les composants d’un même ensemble et en modéliser le comportement. Il faudra aussi savoir composer avec une part d’incertitude : plus la simulation contribuera à accélérer l’innovation, plus les ingénieures et ingénieurs seront appelés à travailler avec des systèmes complexes, parfois encore mal compris. »
Dans les coulisses d’un simulateur de vol
Concevoir le simulateur
Les équipes d’ingénierie définissent les caractéristiques du simulateur et développent les solutions technologiques nécessaires pour répondre aux besoins de formation.
Intégrer et tester les systèmes
Les différents composants du simulateur sont intégrés puis testés afin d’assurer leur bon fonctionnement et leur cohérence d’ensemble.
Installer le simulateur
Une fois prêt, le simulateur est installé et mis en service afin de soutenir les activités de formation des utilisateurs.
Valider son réalisme
Le simulateur est évalué afin de s’assurer qu’il reproduit fidèlement les situations et les environnements pour lesquels il a été conçu.
Veiller à son amélioration continue
Au fil du temps, le simulateur peut être mis à jour et amélioré afin de répondre à l’évolution des besoins de formation et des technologies.

RECRÉER LE RÉEL JUSQU’AU TOUCHER
Elisabeth Adidja Ntsama Owona a aussi exploré une autre facette de la simulation à Innovobot Labs, où elle a travaillé comme ingénieure systèmes de 2022 à 2024.
« Avant, la simulation passait surtout par les yeux et les oreilles. À Innovobot Labs, j’ai découvert l’haptique, qui permet d’intégrer le toucher à la simulation. Quand on manipule un téléphone, on sent des vibrations : c’est une forme d’haptique. Nous développions des prototypes, et j’ai compris à quel point il est difficile de concevoir des vibrations qui reproduisent fidèlement une sensation réelle », raconte-t-elle.
La simulation cherche ainsi à reproduire une expérience toujours plus complète.
ELISABETH ADIDJA NTSAMA OWONA EN SIX DATES
2019 : Obtient son diplôme d’ingénieure électrique de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, au Cameroun.
2021 : Fait un stage en systèmes de contrôle chez Nova Bus, où elle découvre la simulation appliquée à la mobilité.
2022 : Obtient une maîtrise professionnelle en génie électrique, automatisation et systèmes à Polytechnique Montréal.
2022-2024 : Travaille comme ingénieure systèmes à Innovobot Labs, où elle développe notamment son expertise en simulation et en technologies haptiques.
2024 à aujourd’hu :Joint CAE comme experte en intégration, puis devient ingénieure en simulation en 2025. Elle poursuit en parallèle une maîtrise en gestion de l’innovation.
