CPI : avant de s’appeler ingénieur.e

Tu termines ton bac, tu accumules les stages, tu as peut-être des certifications et même quelques projets solides à ton actif. Tu as travaillé avec des outils récents, réglé de vrais problèmes, survécu aux travaux d’équipe. Clairement, tu connais ton affaire.

Est-ce que tout ça suffit pour utiliser le titre d’ingénieur?

Réponse courte : non.

Le diplôme universitaire en génie est essentiel. C’est la base. Mais au Québec, il ne vient pas avec le titre d’ingénieur.e en prime. Avant de pouvoir l’utiliser, il faut un permis d’exercice délivré par l’Ordre des ingénieurs du Québec et être inscrit.e au Tableau de l’Ordre. Le parcours CPI, c’est le chemin vers ce permis. Une fois admis.e, tu portes le titre de candidat.e à la profession d’ingénieur, ou CPI.

Plus qu’une formalité

Devenir CPI, ce n’est pas ajouter trois lettres à ton profil pour faire beau, c’est plus sérieux. C’est entrer officiellement dans le parcours qui mène au permis d’ingénieur. Ça démontre aux employeurs potentiel ton intention professionnelle, tu te différencie et tu commences à bâtir ta crédibilité sur le marché du travail.

Oui, il y a des étapes. Oui, il y a des exigences. Et oui, vu de l’extérieur, ça peut ressembler à une grosse machine administrative. Mais l’idée de fond est simple : quand une profession a un effet direct sur la sécurité du public, l’environnement, les infrastructures, les procédés ou les systèmes, on ne passe pas du diplôme à l’autonomie complète du jour au lendemain.

Un projet GitHub montre ce que tu sais construire. Une certification montre que tu maîtrises un outil ou une méthode. Un stage dans une entreprise connue montre que tu as évolué dans tel ou tel environnement. Le statut CPI montre autre chose : tu es engagé.e dans un parcours reconnu vers le permis, avec des compétences professionnelles à développer et une pratique encadrée.

Pas juste en génie

Dans plusieurs domaines, le diplôme ne donne pas automatiquement le plein droit de pratique.

  • Médecine : diplôme + résidence
  • Construction : formation + apprentissage avec compagnon
  • Droit : études + École du Barreau + stage
  • Comptabilité : formation + stage CPA

Quand les enjeux sont de taille, l’apprentissage continue sur le terrain.

Ce que le statut de CPI dit de toi

Dans les milieux où le bac en génie est chose commune, être CPI témoigne que tu es une personne engagée. C’est dire : je ne m’arrête pas au diplôme; je poursuis le chemin vers le permis, avec les exigences et responsabilités que ça suppose.

Ce statut ne reconnaît pas seulement tes cours, tes stages ou tes projets. Il indique aussi que tu es prêt.e à développer les réflexes attendus de la profession : exercer ton jugement, communiquer clairement, comprendre tes limites, respecter les règles de pratique et apprendre à répondre de tes décisions.

Autrement dit, le parcours de CPI ne sert pas à prouver que tu as de bonnes connaissances techniques. Il sert à structurer ton passage vers la pratique professionnelle. Ça montre que tu prends au sérieux l’exercice de ta future profession.

Pourquoi ça compte?

Le titre d’ingénieur.e inspire confiance : 8 personnes sur 10 au Québec disent faire confiance aux ingénieur.e.s. Le parcours CPI prépare à porter ce titre et à exercer avec rigueur, jugement et responsabilité.

Source : Sondage 2025 sur les perceptions du public à l’égard de la profession et de l’OIQ.

Ce qui est attendu de toi pendant le parcours

  • Apprentissage théorique : pour consolider tes connaissances sur la profession, les règles de pratique, l’éthique et la déontologie. Ce volet comprend de la formation en ligne et mène à l’examen professionnel.
  • Expérience supervisée : pour développer ton expérience sur le terrain, sous supervision. Ce volet comprend au moins 24 mois d’expérience pratique.

Tu peux faire ta demande d’admission dès que tu as accumulé 60 crédits universitaires en génie. Une fois dans le parcours, tu disposes d’un maximum de 5 ans après l’obtention de ton diplôme pour développer les compétences attendues.

C’est ce parcours qui fait le pont entre « j’ai étudié en génie » et « je suis prêt.e à exercer comme ingénieur.e ».

Bon à savoir

Pour obtenir le permis « ing. », tu dois avoir une bonne maîtrise du français. Si tu étudies dans une université francophone du Québec au baccalauréat, tu n’as pas de démarches supplémentaires à entreprendre. Toutefois, si tu fais un bac à l’Université McGill ou à Concordia ou si tu n’as pas étudié pendant au moins pendant trois ans en français après le secondaire, tu devras démonter ta maîtrise du français avant de porter le titre « ing. ».

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