Cet article s’inscrit dans la collection « PRATIQUE EXEMPLAIRE ».
Par la Direction de la surveillance et de l’inspection professionnelle.
Que l’on parle d’obligation de supervision ou encore de direction et surveillance immédiates (DSI), ces termes désignent une même responsabilité fondamentale : celle des membres de l’Ordre envers le travail réalisé par une personne qui n’est pas membre de l’Ordre. Il peut s’agir de personnes non autorisées à exercer la profession, comme les candidates et candidats à la profession (CPI) ou des ingénieures et ingénieurs dont le droit d’exercice est limité. Les activités professionnelles auxquelles ils ou elles contribuent doivent impérativement se faire sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur.
L’obligation de supervision est clairement définie dans la Loi sur les ingénieurs, le Code de déontologie des ingénieurs et le Règlement sur les conditions et les modalités de délivrance du permis de l’Ordre des ingénieurs du Québec.
Ces textes encadrent les responsabilités des membres de la profession et imposent des limites strictes aux personnes non autorisées à exercer la profession. L’obligation de supervision vise à protéger le public en s’assurant que toutes les activités réservées sont réalisées sous un contrôle adéquat, dans le respect des normes professionnelles et des règles de l’art.
L’encadrement ne se limite pas à une simple vérification en fin de tâche. Il s’agit d’un processus continu comportant plusieurs étapes importantes :
Dans de nombreuses organisations, la supervision est exercée par la supérieure ou le supérieur hiérarchique exerçant un contrôle direct sur l’exécution d’un travail. Cependant, un lien d’autorité technique peut suffire pour encadrer les travaux, sans qu’une relation hiérarchique stricte soit nécessaire. Ce qui compte, c’est que l’ingénieure ou l’ingénieur ait l’autorité et les compétences nécessaires sur le plan professionnel pour superviser les travaux, indépendamment de son rôle hiérarchique.
Avant de superviser un travail, l’ingénieure ou l’ingénieur doit s’assurer d’avoir les con- naissances, l’expérience et les compétences requises puisqu’elle ou il en assume la pleine responsabilité professionnelle.
Les personnes qui exercent l’ingénierie sans y être autorisées et sans supervision s’exposent à des sanctions pénales. Les CPI et les membres faisant l’objet d’une limitation du droit d’exercice qui pratiquent sans supervision risquent également de se voir imposer des sanctions disciplinaires.
La supervision obligatoire est bien plus qu’un simple acte administratif : elle est le socle d’une pratique rigoureuse et conforme aux exigences légales et déontologiques. En exerçant la supervision avec diligence, les ingénieures et les ingénieurs protègent leur propre responsabilité, en plus d’assurer l’intégrité de la profession et la sécurité du public. Ainsi, que ce soit pour encadrer des CPI ou des ingénieures et ingénieurs dont le droit d’exercice est limité, l’implication active des membres de l’Ordre dans l’exercice des activités réservées est essentielle. Elle reflète les valeurs fondamentales de l’ingénierie et contribue également à maintenir des standards élevés qui font la réputation et la crédibilité de la profession d’ingénieur.
Les jeunes ingénieures et ingénieurs sont assujettis aux mêmes obligations que les membres d’expérience. Ainsi, elles et ils doivent réaliser leurs mandats en respectant les limites de leurs connaissances et de leurs aptitudes. Pour ce faire, il est fortement recommandé d’échanger et de discuter des projets avec des membres dont la compétence est reconnue, en particulier lors des étapes de revue ou de révision.
N’hésitez pas à poser des questions et à solliciter l’accompagnement d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui pourra vous donner des conseils judicieux pour améliorer votre pratique. Comprendre parfaitement les actions posées est crucial lorsqu’il s’agit d’actes professionnels. Pensez également à garder la trace de vos échanges informels dans le cadre de vos projets, particulièrement lorsque des décisions sont prises. Cette habitude vous permettra de formaliser vos solutions retenues, afin d’éviter de repasser par tout le processus quand se présenteront des situations similaires. De plus, cela vous offrira la possibilité d’intégrer vos retours d’expériences et d’apporter des améliorations au fur et à mesure. Vous enrichirez ainsi vos connaissances et renforcerez votre expertise.
Rappelez-vous que les ingénieures et les ingénieurs continuent d’apprendre et de développer leurs compétences tout au long de leur carrière. C’est cette démarche d’amélioration continue qui fait la force de la profession.
Ressource : bit.ly/GPP_supervision
La supervision obligatoire est bien plus qu’un simple acte administratif : elle est le socle d’une pratique rigoureuse et conforme aux exigences légales et déontologiques.
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