Transformer l’exigence en levier
La formation continue fait partie du quotidien des membres de l’Ordre. Tous les deux ans, un minimum de 30 heures est requis, et la majorité répond à cette exigence sans difficulté. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en moyenne, les ingénieures et ingénieurs accumulent près de 41 heures de formation par période de deux ans et suivent jusqu’à sept ou huit formations, dépassant ainsi largement le seuil exigé.
Derrière ces heures déclarées, il y a toutefois autre chose. Il y a des choix. Des réflexions. Des décisions prises pour mieux faire son travail, mieux comprendre ses responsabilités et mieux répondre aux exigences de la pratique. Des décisions aussi pour rester à l’affût des nouveautés et continuer à développer ses compétences.
En effet, exercer le génie aujourd’hui, ce n’est plus seulement appliquer des règles ou reproduire des solutions éprouvées. C’est composer avec des contextes complexes, des équipes multidisciplinaires et des technologies en constante évolution, dont les technologies génératives, ainsi qu’avec des attentes élevées en matière de sécurité, de durabilité et de qualité. C’est, chaque jour, exercer son jugement. Et le jugement professionnel ne s’improvise pas. Il se construit, notamment par la formation continue.
Quand l’expérience appelle le développement
Avec les années, la pratique évolue. Les projets changent d’échelle, les décisions ont plus de portée, les responsabilités s’élargissent. Ce qui suffisait hier ne suffit plus toujours aujourd’hui. Non pas parce que les compétences disparaissent, mais parce qu’elles doivent s’adapter, se raffiner, parfois se transformer.
Dans ce contexte, la formation continue devient un moment pour se recentrer sur son développement professionnel. Au cœur d’un quotidien rythmé par des projets et des échéances, elle constitue une occasion de s’arrêter pour réfléchir à son parcours, à ses objectifs et aux compétences à renforcer. Elle permet de mettre à jour ses connaissances, mais surtout de nourrir sa capacité d’analyse et son sens critique.
Le plan de développement professionnel conçu par l’Ordre permet de clarifier ses objectifs des années à venir, de définir les compétences à acquérir et de déterminer les moyens et échéanciers nécessaires pour progresser efficacement. Se former, c’est bâtir sur ce qui est déjà là tout en planifiant de manière stratégique son cheminement professionnel pour mieux relever les défis à venir.
Une démarche ancrée dans la réalité de la pratique
La formation continue ne se vit pas en vase clos. Elle s’inscrit dans des situations bien concrètes : un nouveau type de mandat, un risque mieux compris, une technologie émergente, un retour d’expérience marquant. Les ingénieures et ingénieurs choisissent des activités de formation qui font écho à leur pratique, à leurs défis, à leurs responsabilités. C’est pourquoi leurs parcours sont rarement identiques. Certains privilégient des formations structurées, d’autres préfèrent des conférences, du coaching ou de l’autoapprentissage. Cette diversité reflète la réalité du génie : il n’y a pas une seule manière de bien apprendre, mais il y a une exigence commune de compétence et de rigueur. Et cette exigence, les membres de l’Ordre la prennent au sérieux.
Se former pour mieux protéger le public
Les membres de l’Ordre doivent prendre en compte les conséquences de leurs travaux sur la vie, la santé et la propriété des gens. En développant leurs compétences, les ingénieures et ingénieurs renforcent non seulement la qualité et la fiabilité de leur travail, mais aussi la sécurité et le bien-être du public, devenant ainsi mieux préparés à anticiper les risques et à prendre des décisions éclairées. Ainsi, chaque activité de formation contribue directement à cette mission fondamentale de protection du public.
Plus qu’une exigence, un marqueur de professionnalisme
Le fait que les membres dépassent en moyenne le nombre d’heures de formation requis n’est pas anodin. Il témoigne d’une culture professionnelle forte, où le développement des compétences est reconnu comme faisant partie intégrante du rôle d’ingénieur.
Se former, c’est reconnaître que la compétence évolue et se transforme. C’est accepter que la responsabilité professionnelle implique un apprentissage continu. C’est, en somme, une marque de rigueur, de sérieux et de fierté.
Après sept périodes, la formation continue est aujourd’hui bien intégrée parce qu’elle répond à quelque chose d’essentiel : la volonté de bien faire son travail et d’être reconnu pour son expertise. Dans un contexte où le génie évolue au rythme des changements climatiques, de l’innovation technologique, des nouvelles pratiques de gestion et de l’intelligence artificielle, elle permet de rester en phase avec la réalité. Elle soutient une pratique vivante, capable de s’adapter, aujourd’hui comme demain.
Se former, c’est bâtir sur ce qui est déjà là tout en planifiant de manière stratégique son cheminement professionnel pour mieux relever les défis à venir.


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