27 avril 2026

Comment devenir un collaborateur hors pair

Être considéré comme un collaborateur hors pair résulte entre autres de l’influence que l’on peut avoir sur son équipe et ses partenaires externes. Voici quelques conseils d’experts pour développer et utiliser adéquatement cette influence.

Par : Emmanuelle Gril, journaliste

L’influence vise à amener les autres à comprendre sa perspective tout en faisant preuve d’écoute à leur égard. En cela, elle se distingue de la capacité de convaincre, qui consiste plutôt à se baser sur des faits et des analyses afin d’inciter autrui à adopter son point de vue. Une nuance importante, car on peut réussir à convaincre des gens sans nécessairement obtenir leur approbation. En revanche, une influence bienveillante et déployée de façon éthique peut nous aider à devenir des collaboratrices et des collaborateurs hors pair qui emporteront l’adhésion.

Intelligence émotionnelle et sens politique

Parmi les outils disponibles pour développer son influence, l’intelligence émotionnelle occupe une place prépondérante, estime Mario Côté, conseiller en ressources humaines agréé (CRHA), formateur certifié, consultant et conférencier. « Des recherches ont montré que les personnes qui font preuve d’intelligence émotionnelle ont généralement un haut taux de succès, les compétences émotionnelles surpassant même celles relevant du domaine technique. » fait-il remarquer.

En quoi consiste cette forme d’intelligence? Elle s’articule autour de plusieurs axes, dont les compétences sociales, la capacité à s’autoréguler et à entretenir sa motivation, une bonne connaissance de soi et l’empathie. Travailler sur ces différents leviers aidera à accroître son intelligence émotionnelle.

Pour sa part, Jorj Helou, CRHA, conférencier et coach certifié à LeaderZone, estime que la capacité d’influence repose également sur un sens politique aiguisé. Ce dernier s’appuie sur des éléments émotionnels et relationnels et devrait être utilisé de façon éthique si on veut éviter de verser dans la manipulation. Accroître son réseau, sa crédibilité et sa visibilité contribue à bâtir ou à renforcer son sens politique.

Des recherches ont démontré que les personnes qui font preuve d’intelligence émotionnelle ont généralement un haut taux de succès, les compétences émotionnelles surpassant même celles relevant du domaine technique.
Mario Côté, CRHA, formateur certifié, consultant et conférencier

Les quatre règles pour convaincre

Se montrer généreux en partageant ses compétences et connaissances, faire preuve d’ouverture quant aux idées des autres.

1.

Créer une zone de discussion où prime la sécurité psychologique, un espace dans lequel chacun peut s’exprimer sans crainte d’être jugé.

2.

Éviter les attaques personnelles; se montrer « dur avec les idées, mais doux avec les individus »

3.

Savoir se faire apprécier en tant que collaborateur; être capable de s’entendre avec tous même si on ne partage pas leurs opinions

4.

Se montrer sensible aux arguments des autres et chercher des terrains d’entente.

Se préparer en amont

Une fois ces habiletés maîtrisées, une des règles de base consiste à se préparer en amont afin de bien comprendre et de bien cerner les besoins, attentes et préoccupations des autres parties. « En sachant ce qui est essentiel à leurs yeux, on sera en mesure de mieux se positionner. Avant une présentation, on s’informe pour savoir qui seront les personnes présentes afin d’anticiper les résistances, les points de friction possibles et les avenues de discussion », précise Jorj Helou. Ce faisant, on pourra préparer des contre-arguments et répondre aux inquiétudes exprimées. Attention : il ne s’agit pas ici de préparer des manœuvres visant à tromper son auditoire, mais bien à engager une discussion pour faciliter l’émergence de solutions gagnant-gagnant.

Avant une présentation, on s’informe pour savoir qui seront les personnes présentes afin d’anticiper les résistances, les points de friction possibles et les avenues de discussion.
Jorj Helou, CRHA, conférencier et coach certifié à leaderzone

Des stratégies d’influence

Quelles sont les stratégies possibles pour faire preuve d’influence et emporter l’adhésion? Mario Côté explique que le psychologue social américain Robert Cialdini définit six grands principes de persuasion : la réciprocité, l’engagement et la cohérence, la preuve sociale, la sympathie, la rareté et l’autorité. Le principe de réciprocité s’appuie sur le désir de donner quelque chose en échange des services qu’on a reçus. Ceux de l’engagement et de la cohérence, quant à eux, reposent sur le fait que les individus tentent de demeurer cohérents avec leurs actions et engagements antérieurs. Par ailleurs, quand on voit d’autres personnes faire une action, on a tendance à croire qu’il s’agit de la bonne façon de faire : c’est ce que Cialdini appelle la preuve sociale. Il définit ensuite la sympathie comme le fait d’être plus enclin à donner son accord à une personne que l’on trouve sympathique. L’attrait pour la rareté se comprend sans autres explications, et l’autorité, bien qu’elle soit efficace, est à utiliser avec modération en raison de ses possibles dommages collatéraux.

Les travaux du psychologue organisationnel et chercheur américain Gary Yukl décrivent pour leur part 11 tactiques d’influence supplémentaires. Parmi elles, l’appel à l’inspiration, qui cherche à susciter l’adhésion en générant des émotions positives autour d’une idée ou de valeurs, et la persuasion rationnelle, basée sur des arguments logiques et des preuves. La consultation (qui consiste à impliquer une personne dans une décision ou un processus) et la collaboration (l’offre de ressources pour réaliser la demande) sont deux autres méthodes qui ont fait leurs preuves. On peut aussi envisager d’avoir recours à la tactique de la coalition en faisant appel au soutien d’autres personnes, ou encore à celle de la sollicitation d’une relation personnelle. La flatterie, la pression, les rappels insistants, l’échange de faveurs et la légitimation par l’autorité sont à manipuler avec précaution. Mieux vaut utiliser d’autres leviers et une approche plus positive pour obtenir l’approbation d’autrui.

Les formations offertes par l’Ordre

 

Comment devenir un collaborateur hors pair?, une des formations offertes par l’Ordre des ingénieurs du Québec, s’avère extrêmement utile pour les membres de la profession. Mais ce n’est pas la seule, loin de là! Tous ces apprentissages sont spécialement conçus pour les membres de l’Ordre et les candidates et candidats à la profession d’ingénieur (CPI), afin de leur permettre d’approfondir des thèmes qui ne sont pas nécessairement abordés par d’autres structures d’enseignement. De plus, ils sont admissibles à titre d’activités de formation continue. Cette année, l’Ordre innove encore en proposant des parcours d’autoformation à ses membres, une approche qui mise sur la proactivité, les interactions et l’implication dans le processus.

L’Ordre propose un vaste éventail de formations, en lien aussi bien avec la pratique professionnelle qu’avec le système professionnel, le statut professionnel ou les compétences techniques et transversales de l’ingénieur. Ces dernières peuvent notamment concerner les habiletés interpersonnelles, par exemple la communication, la gestion de projet, etc.
Isabelle Côté, cheffe d’équipe au développement de la profession (développement professionnel et compétences) à l’Ordre des ingénieurs du Québec

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