, 1 janvier 2022

Cap vers le vert!

Plus que jamais engagé en faveur du développement durable, l’Ordre des ingénieurs du Québec met en œuvre des mesures pour joindre la parole à l’action.

Par Clémence Cireau


«La préoccupation de l’Ordre des ingénieurs du Québec quant aux enjeux de développement durable n’est pas nouvelle, affirme François-Nicolas Pelletier, conseiller en affaires publiques et responsable du groupe de travail sur le développement durable à l’Ordre. Cependant, compte tenu de l’ampleur et de l’accélération des changements climatiques et de la multiplication des questions que soulèvent les autres problèmes environnementaux, l’organisation a choisi de faire du développement durable un dossier prioritaire depuis 2018. Cette orientation est en droite ligne avec la mission de protection du public de l’Ordre. Le groupe de travail, constitué d’une douzaine de personnes, a pour objectif de nous aider à faire des choix éclairés sur le plan du développement durable. Les participants sont principalement des ingénieurs; il y a aussi des experts en environnement d’autres domaines.»

En septembre 2020, à la suite des premières rencontres de ce groupe, l’Ordre a publié un énoncé de position et une série d’engagements en matière de développement durable. «L’Ordre s’est engagé à agir par sa voix et ses actions», souligne François-Nicolas Pelletier. Les actions mises en place sont orientées vers les membres, la place publique et la gestion à l’interne.

Outiller les membres

L’Ordre s’engage à soutenir la pratique professionnelle responsable de ses membres au quotidien – notamment dans la réduction des pollutions générées par les industries qui les emploient – et ainsi protéger le public. L’article 2.01 du Code de déontologie des ingénieurs rappelle que «dans tous les aspects de son  travail, l’ingénieur doit respecter ses obligations envers l’homme et tenir compte des conséquences de l’exécution de ses travaux sur l’environnement et sur la vie, la santé et la propriété de toute personne». FrançoisNicolas Pelletier précise que ce code est actuellement en révision pour élargir la notion d’environnement à
celle de développement durable, plus englobante. Par ailleurs, le Guide de pratique professionnelle fera l’objet d’une mise à jour. «La partie portant sur l’environnement sera totalement remaniée afin de guider au mieux nos membres dans leurs actions», explique-t-il. L’Ordre a en outre créé en 2021 le prix Honoris  genius –Développement durable, spécialement destiné à récompenser les ingénieurs et ingénieures ainsi que les entreprises innovantes. Trois membres se sont classés ex-aequo cette année : Émilie Nadeau, ing. (Seneca Experts-Conseils), Jacques Sénéchal, ing., et Richard Bourret, ing. (Air Liquide Canada).

«L’Ordre s’est engagé à agir par sa voix et ses actions en matière de développement durable. Les actions mises en place sont orientées vers les membres, la place publique et la gestion à l’interne.» — François-Nicolas Pelletier, conseiller en affaires publiques à l’Ordre des  ingénieurs du Québec

L’Ordre souhaite aussi accompagner ses membres en proposant de la formation. Ainsi, il collabore avec l’Université Laval, le consortium Ouranos, l’Ordre des architectes du Québec et l’Ordre des urbanistes du Québec afin de concevoir une formation sur l’adaptation aux changements climatiques. « Il s’agit d’une  formation sur mesure, une mise à niveau qui permettra aux membres d’adapter leurs pratiques.» L’Ordre s’assurera également que les futurs membres ont les connaissances et les compétences nécessaires à cette transition écologique. «Un contrôle peut avoir lieu auprès des candidates et candidats à la profession d’ingénieur (CPI), et nous voulons engager le dialogue avec le Bureau canadien d’agrément des programmes de génie (BCAPG) afin que les étudiantes et étudiants arrivent sur le marché du travail avec de bonnes bases en matière de développement durable», mentionne François-Nicolas Pelletier.

Porter une voix

L’Ordre souhaite porter un message clair auprès de la sphère publique : le développement durable est une priorité du bureau de la présidence. «Pour cela, Kathy Baig, ing., affirme fréquemment sa position, par exemple dans des lettres ouvertes et au cours d’entrevues avec les médias», rappelle François-Nicolas Pelletier. La présidente de l’Ordre a également présenté des conférences sur ce sujet à l’intention des différents acteurs du monde socioéconomique, au Cercle canadien de Montréal, à Propulsion Québec ou à MTL Connecte, notamment. Parallèlement à ces prises de parole publiques, l’Ordre produit des mémoires pour commenter des projets de lois. «Nous avons ainsi recommandé la prudence quant à l’accélération des projets d’infrastructure dans le contexte de relance post-pandémique du projet de loi no 66.» L’Ordre a aussi déposé un mémoire relatif au projet de loi no 102 portant sur différentes lois environnementales.

Prêcher par l’exemple

En outre, l’Ordre a créé son comité vert, qui a préparé un premier bilan en ce qui concerne le développement durable. Celui-ci a défini des actions à mener à l’interne pour réduire l’empreinte environnementale de l’organisation. Diverses activités de sensibilisation auprès du personnel sont programmées. «La politique de
télétravail, qui prévoit deux jours minimum de présence au bureau, les autres jours à distance, devrait aussi permettre de réduire les déplacements en voiture de nos équipes», indique François-Nicolas Pelletier. Enfin, une firme externe a été mandatée afin de réaliser un bilan des gaz à effet de serre.


Un pas de plus vers le vert L’Ordre imprime désormais la revue Plan sur du papier carboneutre afin de réduire son empreinte environnementale.


 

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