8 septembre 2026

Automatiser, c’est d’abord sécuriser!

L’automatisation des machines et des procédés au Québec exige de concilier sécurité, performance et fiabilité et nécessite une conception rigoureuse de ses aspects mécaniques, électriques et logiciels. Le cadre de référence suivant repose sur les bonnes pratiques et les responsabilités professionnelles, sans toutefois couvrir l’ensemble des tâches et des livrables.

Par : Nuno Silva, ing., inspecteur à la surveillance de l’exercice

Analyse des risques

La gestion des risques commence dès les premières étapes du projet. Selon les principes de la section « Gestion des risques » du Guide de pratique professionnelle de l’Ordre des ingénieurs du Québec, les ingénieures et ingénieurs doivent préparer, ou à tout le moins participer à une analyse de risque structurée couvrant la conception, la fabrication, l’installation, la mise en œuvre et l’exploitation. Cette méthode permet de déterminer les risques, d’en mesurer la gravité et la probabilité, puis d’établir et de suivre les mesures d’atténuation. Cette démarche mobilise toutes les disciplines et implique la collaboration des parties prenantes pour assurer une gestion des risques tout au long du projet.

Cahier des charges

Lors de l’élaboration du mandat, l’ingénieure ou l’ingénieur prépare un cahier des charges définissant l’étendue des travaux, les objectifs, les livrables, les exclusions, l’échéancier et les spécifications techniques. Ce document constitue la base contractuelle et technique du projet et garantit une compréhension commune par tous les intervenants.

Calculs et simulations

Il est recommandé aux ingénieures et aux ingénieurs d’élaborer et de consigner les calculs et simulations, préliminaires et détaillés, requis pour le dimensionnement des équipements et des composants électriques, mécaniques et logiciels. Ces éléments sont présentés de manière claire et structurée, et comprennent le contexte du projet, les hypothèses, les sources de données (relevés, normes, documents techniques) ainsi que les références, formules et résultats obtenus.

Normes et règlements applicables

Certaines normes revêtent une importance particulière pour les activités liées à l’automatisation des machines et des procédés :

  • CSA Z432 – Protection des machines, ISO 13849 – Sécurité des machines et CEI 62061 – Sécurité des machines
  • ISO 12100 – Sécurité des machines – Principes généraux de conception – Appréciation du risque et réduction du risque
  • CSA Z434 – Robots industriels et systèmes robotiques
  • CSA C22.2 No 286 – Panneaux et ensembles industriels de commande et UL 508A – Panneaux de contrôle industriels
  • Règlement sur la santé et sécurité du travail (chapitre S-2.1, r. 13) – section XXI
    (« Machines »)

Conception des plans et devis et de la programmation

L’ingénieure ou l’ingénieur responsable de la conception mécanique ou électrique prépare les plans et devis à partir des calculs et des simulations. La conception détaillée doit fournir toute l’information nécessaire à la réalisation de l’ouvrage, accompagnée de devis précisant les spécifications techniques et les composants. Les méthodes de réalisation demeurent, dans la mesure du possible, des documents séparés.

Parallèlement, la programmation exige l’élaboration d’une description et d’une analyse fonctionnelle du système couvrant le fonctionnement, les logiques de commande, la description des écrans opérateur, la gestion des accès, les avertissements, les alarmes et les procédures. Ce document constitue une référence technique permettant de traduire les exigences fonctionnelles en solutions programmées. Il doit être complété par l’ensemble de l’information technique pertinente, notamment le stock des E/S, les standards de programmation, la structure du code et la séparation formelle des fonctions normales et de sécurité.

Validation de la conception

Les ingénieures et ingénieurs responsables de la conception électrique et mécanique élaborent et consignent un plan de validation. Ce document comprend les tests et essais fonctionnels et de sécurité visant à démontrer que les plans, devis et documents techniques respectent les exigences fonctionnelles, les normes applicables et les principes de sécurité.

En ce qui concerne la programmation, il est essentiel de préparer et de consigner un plan de validation décrivant les essais requis afin de vérifier les dispositifs et fonctions de sécurité, les programmes, les fonctionnalités, les communications et la configuration des équipements.

Les essais prévus aux plans de validation sont réalisés par des ingénieures et des ingénieurs ou par du personnel compétent qui consigne les résultats. Les ingénieures et ingénieurs responsables analysent les écarts, définissent les correctifs, effectuent la vérification finale et rédigent un rapport de validation intégrant l’ensemble de la conception, y compris les parties électrique, mécanique et logicielle. Le document de conformité doit respecter la section
XXI (« Machines ») du Règlement sur la santé et sécurité du travail, notamment l’article 175.

Manuel d’instruction et maintenance

Afin d’assurer son utilisation et son entretien sécuritaires, toute machine conçue au Québec doit être accompagnée d’un manuel d’instruction qui, en plus de respecter les exigences des codes et des lois en vigueur sur le site d’installation, doit au minimum inclure les informations prévues à l’article 174 de la section XXI (« Machines ») du Règlement sur la santé et la sécurité du travail.

La sécurité d’abord

Les projets d’automatisation exigent une démarche structurée et multidisciplinaire, guidée par les normes, les responsabilités professionnelles et les bonnes pratiques d’ingénierie. À chaque étape, les ingénieures et ingénieurs doivent garantir fiabilité, conformité et performance, en gardant toujours à l’esprit qu’automatiser, c’est d’abord sécuriser.

Pour approfondir ses connaissances, il est possible de consulter les profils de compétences en systèmes d’automatisation et en sécurité des machines du Guide de pratique professionnelle de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Les projets d’automatisation exigent une démarche structurée et multidisciplinaire, guidée par les normes, les responsabilités professionnelles et les bonnes pratiques d’ingénierie.

Sécuriser les machines

La sécurité des machines fait l’objet d’une conception particulière, structurée autour de trois volets complémentaires : les mesures de sécurité mécaniques, les dispositifs de sécurité électriques et les fonctions de sécurité logicielles. Ces volets doivent former un ensemble cohérent et découler d’une analyse de risques structurée. Les fonctions de sécurité, qu’elles soient matérielles ou logicielles, sont conçues et mises en œuvre conformément aux exigences relatives au niveau de performance (PL – Performance Level) et au niveau d’intégrité de sécurité (SIL – Safety Integrity Level). Elles font l’objet d’une validation et d’une vérification selon les normes applicables, notamment l’ISO 13849 et la IEC 62061.

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