, 1 janvier 2022

Sophia Roy : «Je veux contribuer à l’espoir climatique!»

Finissante en génie chimique à l’Université McGill, Sophia Roy est très engagée dans sa collectivité. Elle aime transmettre son goût pour les sciences aux élèves du primaire et milite pour encourager les étudiantes en génie comme elle à embrasser une carrière d’ingénieure.

Cet article s’inscrit dans la collection « Relève en génie ».

Par Clémence Cireau, photos : Luis Medina et Didier Bicep


Chez Sophia Roy, la science est une histoire de famille. Son grand-père était un scientifique, mordu de découvertes et passionné de connaissances. Fuyant la pauvreté de sa Grèce natale, il a immigré au Canada à la fin des années 1960, où il n’a malheureusement jamais réussi à faire reconnaître ses diplômes. La mère de Sophia est devenue ingénieure en génie industriel, et maintenant c’est Sophia qui reprend le flambeau. «Ma mère m’a ouvert la voie et montré que l’on pouvait mener une belle carrière en génie en tant que femme au Québec, raconte Sophia Roy. Je crois finalement que nous réalisons aujourd’hui ce dont mon grand-père a toujours rêvé. Il est mort avant ma naissance, mais sa passion a cheminé jusqu’à moi. Mon rêve est de contribuer à l’espoir climatique!»

Le génie chimique pour préserver l’environnement

Sophia Roy terminera en mai prochain un baccalauréat en génie chimique, concentration génie environnemental. «La nature me passionne; je veux donc trouver la meilleure façon de lutter contre le désastre écologique à venir, explique-t-elle. Je pense que le génie  chimique va m’aider à y parvenir.

Sophia Roy étudiante en génie

J’ai choisi McGill pour la réputation de ses programmes de recherche, mais surtout parce que j’étais attirée par le fait qu’il y a une forte proportion de personnes venues de partout dans le monde.

Sophia Roy, étudiante en génie chimique

La discipline permet de modifier des procédés très polluants associés aux énergies fossiles, ou qui sont utilisés dans l’industrie minière ou la production de produits chimiques. En ingénierie, on met également au point des technologies innovantes. Je souhaite travailler sur de nouveaux procédés de capture du CO2, encore au stade embryonnaire et qu’il faut pousser au stade industriel.»

Dès sa première année d’étude à l’Université McGill, la jeune femme se joint volontairement au laboratoire des matériaux et dispositifs d’origine biologique, dirigé par
la professeure Noémie-Manuelle Dorval Courchesne. Après l’obtention d’une bourse, elle y passe son premier été d’étudiante. «La professeure Dorval Courchesne a été très présente pour moi tout au long de mes études. Elle
m’a éclairée et guidée dans mes travaux de recherche, de même que dans mes choix universitaires.» Depuis, Sophia Roy continue d’assister sa mentore, ce qui lui a permis de publier en juin 2020 un premier article dans le Canadian Journal of Chemical Engineering.
L’article traite de la possibilité de modifier la structure des protéines pour accroître leur conductivité et de les utiliser pour remplacer les polymères dérivés des produits pétroliers dans les circuits électriques. Ainsi, les circuits seraient biodégradables, et leur fabrication,
moins polluante.

Tournée vers les autres

Sophia Roy a le goût de la science, mais avant tout la curiosité pour les rencontres humaines.
«J’ai choisi McGill pour la réputation de ses programmes de recherche, mais surtout parce que j’étais attirée par le fait qu’il y a une forte proportion de personnes venues de partout dans le monde, indique-t-elle. Nous apprenons à travailler en équipe, en découvrant des personnes de toutes les cultures.»

À la fin de l’année universitaire, elle souhaite continuer ses études en génie chimique et environnemental en s’inscrivant à un  programme de doctorat anticipé. Le Massachusetts Institute of Technology de Boston, l’Université de la Colombie-Britannique de Vancouver, l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne ou encore Polytechnique Montréal, son choix n’est pas encore arrêté et la compétition est rude. Mais Sophia Roy semble avoir les épaules et l’ambition pour ces parcours d’élite. Son objectif est de devenir professeure de génie chimique. «Je pourrais diriger un laboratoire pour faire développer mes propres procédés dans le domaine
environnemental tout en transmettant mes connaissances à la relève.» Elle n’a d’ailleurs pas attendu d’être diplômée pour promouvoir la profession d’ingénieur et pour enseigner. Membre du comité étudiant de son département de génie, elle a notamment organisé des
discussions entre des étudiantes et des femmes leaders en génie pour donner confiance aux futures ingénieures. «Après leurs études, trop d’étudiantes tournent e dos à une carrière en génie, nous voulons leur présenter des exemples inspirants.» Sophia Roy a en outre
accueilli des étudiants et étudiantes du secondaire et du cégep pour des visites de laboratoires de recherche. «Dans le cadre de la Covid19 Academic Relief Initiative, j’ai enseigné les sciences à des enfants du primaire qui avaient vu leurs cours de sciences annulés!»

En mai 2021, elle a reçu – avec trois autres étudiants de McGill – la Médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec pour son implication dans la communauté. Dernièrement, elle s’est jointe au Centre québécois sur les matériaux fonctionnels (CQMF) afin d’échanger avec des scientifiques experts de la recherche en biomatériaux. À la vue de l’énergie positive qu’elle déploie pour atteindre ses objectifs, Sophia Roy est certainement promise à un très bel avenir.

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