Ordre des ingénieurs du Quebec
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    Neuf recommandations musclées devant la comission Johnson : l'Ordre demande des plans d'intervention et la création d'un organisme centralisé fort pour des infrastructures publiques sécuritaires

    samedi 30 juin 2007
    • Dans son mémoire présenté aujourd'hui à la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, l'Ordre des ingénieurs du Québec recommande des moyens musclés pour prévenir à la source des évènements comme celui du 30 septembre 2006.
    • Selon l'Ordre, qui a obtenu le statut d'intervenant auprès de la Commission, le gouvernement doit se doter d'un organisme public dont le mandat principal serait d'assurer la cohérence dans l'application des différentes recommandations qui touchent la gestion à long terme des infrastructures publiques, tant par les municipalités que par les ministères.

      Par ses recommandations, l'Ordre veut s'assurer que l'état des infrastructures ne met pas en jeu la santé ou la sécurité des usagers et ce, à long terme. L'Ordre recommande en effet que tous les propriétaires et gestionnaires d'infrastructures aient l'obligation de se donner un plan d'intervention à long terme. Le plan d'intervention décrit les différentes actions (entretien préventif sous toutes ses formes, réhabilitation ou rénovation, reconstruction, etc.) qui doivent être planifiées à long terme afin d'offrir aux citoyens une qualité de service satisfaisante.

      Le président de l'Ordre, M. Zaki Ghavitian, ing., précise : « Bien sûr, pour intervenir, il faut connaître l'état d'un ouvrage, il faut des ressources techniques, des investissements, sans oublier un suivi rigoureux de l'application de ces plans d'intervention, notamment sous la surveillance d'un ingénieur. Pour assurer la pérennité d'un tel programme, le gouvernement devra instituer un organisme public centralisé et fort, une sorte de chien de garde dont le mandat serait de s'assurer que les citoyens aient accès à des infrastructures disponibles, sécuritaires et fonctionnelles, et qui offrirait aux citoyens la possibilité de vérifier l'état de tel ou tel ouvrage d'ingénierie. La gestion des infrastructures publiques doit être à l'abri des cycles politiques ou économiques. »

      Dans son mémoire, l'Ordre ne se prononce pas sur le comportement individuel d'ingénieurs concernés par le dossier. En effet, cette responsabilité relève des services d'enquête et d'encadrement professionnels de l'Ordre, services qui font leur travail indépendamment de la Commission. Mentionnons que l'Ordre a suivi attentivement les travaux de la Commission et a pris note des différents éléments de preuve présentés. « Le cas échéant, le public sera informé en temps et lieu des plaintes qui seront déposées auprès du Comité de discipline, car l'Ordre travaille en parallèle et tirera, lui aussi, ses conclusions », ajoute le président de l'Ordre.

      Au plan de la pratique professionnelle, l'Ordre est interpellé au plus haut point par un aspect important concernant la surveillance de travaux d'ingénierie et la traçabilité des interventions, dès la conception et à toutes les étapes au cours de la vie d'un ouvrage.

      M. Ghavitian explique : « Actuellement, il n'y a dans notre cadre légal aucune disposition qui prescrit la surveillance par un ingénieur des travaux de construction d'ouvrages conçus par un ingénieur. C'est une grave anomalie, surtout lorsqu'on est en présence d'ouvrages complexes, ou critiques sur le plan de la sécurité. En plus, nous souhaitons la mise en place obligatoire de systèmes permettant de retracer l'origine, la nature et les responsables de toute modification effectuée en cours de construction et au cours de la vie d'un ouvrage, de même que pour toute évaluation ou inspection. Nous espérons que la Commission retiendra notre recommandation quant à l'obligation de surveillance de ce genre de travaux de construction par un ingénieur. » L'Ordre n'a pas attendu l'effondrement du viaduc de la Concorde pour mener une réflexion plus générale sur l'état et la gestion des infrastructures publiques.

      Par ailleurs, M. Ghavitian souligne : « La solution la plus économique ne favorise pas nécessairement l'innovation. Une telle formule est incompatible avec l'utilisation du devis à obligation de performance que nous prônons et doit donc être amendée. C'est sur la durée de vie de l'ouvrage que le choix d'une technologie doit s'avérer économique plutôt que sur le court terme. »

      Par le truchement d'Internet, le monde entier a suivi en direct les travaux de la Commission et sa réflexion. La société québécoise a trop longtemps géré et entretenu ses infrastructures avec des budgets notoirement insuffisants et une vision à court terme; les interventions devaient parer au plus pressé, sans égard à la durée de vie et à la performance à long terme des infrastructures. Il est temps de prendre les moyens pour rassurer le public. « Le Québec est dans la mire et les attentes sont grandes », ajoute M. Ghavitian.
      M. Ghavitian a mentionné que les conclusions du rapport de la Commission vont également permettre à l'Ordre de bien cerner les zones d'intervention au profit de la protection du public et de l'intérêt public et pour lesquelles des plans d'action seront à prévoir, le cas échéant, au niveau de la pratique professionnelle.
      Pour consulter le mémoire, cliquez ici.

      À propos de l'Ordre des ingénieurs du Québec
      Fondé en 1920, l'Ordre des ingénieurs du Québec regroupe plus de 60 000 professionnels du génie de toutes les disciplines, à l'exception du génie forestier.
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