Ordre des ingénieurs du Quebec
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    Viaduc de la Concorde : échos et leçons d'une catastrophe

    lundi 28 septembre 2009
    • Lettre d'opinion de Mme Maud Cohen, ing., présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec a propos du dossier du viaduc de la Concorde.
    • Une enquête complexe et délicate

      Voyons d'abord l'enquête du Bureau du syndic, qui a débuté peu de temps après la catastrophe, et qui mobilise des ressources extraordinaires. C'est une enquête extrêmement complexe, sans doute la plus délicate que l'Ordre ait entreprise à ce jour. Nous remontons dans le temps sur près d'une quarantaine d'années et devons répertorier des dizaines de milliers de pages de documents, interroger des témoins afin de reconstituer les faits et de les apprécier en fonction des règles de l'art et des « normes » techniques, déontologiques et juridiques en vigueur à cette époque.

      Rien n'est simple dans ce dossier. Le viaduc était d'une conception particulière, peu courante et abandonnée depuis. Beaucoup de documents importants n'ont pas été retracés. Des témoins, des entreprises et leurs archives ont disparu. Il faut être conscient que les contrôles exercés sur les professionnels et leurs travaux ont beaucoup changé depuis l'avènement du Code des professions en 1974. Or, l'Ordre n'existait pas comme tel avant cette date et le régime juridique était bien différent. Pourtant, en toute équité et justice, les syndics doivent appliquer sans biais rétrospectif et dans chaque cas les règles prévalant à l'époque.

      Dans toute enquête, un syndic doit établir une preuve formelle, documentée et convaincante avant de porter plainte devant le Conseil de discipline. En cela, son mandat est différent de celui de la Commission Johnson, qui devait analyser les faits dans leur ensemble et formuler des recommandations.

      J'estime, comme la syndique de l'Ordre, que l'enquête progresse de manière satisfaisante. J'ai hâte de la voir aboutir et je puis vous assurer que tous les administrateurs et responsables de l'Ordre partagent ce sentiment. Avec rigueur, nous prenons le temps nécessaire pour conduire adéquatement cet exercice.

      Des mesures pour améliorer la pratique

      Cela dit, l'Ordre ne fait pas qu'enquêter. Sur le terrain, nous avons significativement renforcé notre capacité d'encadrement et d'intervention. Nous disposons maintenant de 18 inspecteurs, soit le double d'il y a trois ans. D'ici peu, nous aurons triplé le nombre d'inspections annuelles. Nous avons mis en place un système de pré-inspection par questionnaire, ce qui nous permet de mieux cibler nos inspections. Nous renforçons notre capacité de surveillance de la pratique illégale. Nous avons également mis de l'avant plusieurs initiatives visant à améliorer l'encadrement de la pratique, notamment par la publication des Lignes directrices concernant les documents d'ingénierie. D'autres documents et guides de pratique sont à l'étude et verront le jour.

      À cela, s'ajoutent notre colloque annuel, axé sur la formation professionnelle, dont l'édition 2009 portait sur les infrastructures et les travaux publics, et nos interventions d'affaires publiques, dans la foulée du mémoire que nous avons déposé à la Commission Johnson. Comme je l'ai mentionné, nos recommandations ont été mises en place par le MTQ. Nous visons maintenant à ce qu'elles soient adoptées par le milieu municipal. C'est nettement plus complexe. Les quelque 1 115 municipalités du Québec sont des gestionnaires d'infrastructures publiques au même titre que le MTQ. Elles sont responsables d'équipements valant plusieurs dizaines de milliards à l'échelle du Québec, des équipements dont l'état et le bon fonctionnement ont un impact direct sur la santé, la sécurité et le bien-être de leurs citoyens.

      Les municipalités doivent disposer des moyens et des ressources nécessaires pour assumer ces responsabilités. Ce message, nous l'avons martelé sur toutes les tribunes disponibles, jusqu'en Commission parlementaire, et nous continuerons à le faire.

      Rendre la surveillance des travaux obligatoires

      Parallèlement, l'Ordre contribue au développement du Plan d'intervention municipal, un outil de gestion intégré et à long terme à l'usage des ingénieurs, des officiers municipaux et des responsables gouvernementaux. Nous voulons mettre cet outil au service du milieu qui doit se l'approprier et achever de le développer.

      Enfin, dans le cadre de la refonte de la Loi sur les ingénieurs, nous veillons à ce que la surveillance des travaux d'ingénierie devienne obligatoire. Nous oeuvrons également à la mise en place de mesures de traçabilité des interventions, en quelque sorte l'équivalent du dossier de santé d'une infrastructure dont la vie se calcule en décennies.

      Un tel événement ne doit plus jamais se reproduire. Cela signifie que nous devons, en tant que société, comprendre ce qui s'est produit, en tirer tous les enseignements et mettre en place les mesures correctives. Nous nous sommes bien engagés dans cette voie, mais il nous reste beaucoup à faire. L'Ordre des ingénieurs du Québec, pour sa part, s'y emploie activement.


      Maud Cohen, ing., présidente
      Ordre des ingénieurs du Québec

       
      À propos de l'Ordre des ingénieurs du Québec
      Fondé en 1920, l'Ordre des ingénieurs du Québec regroupe plus de 60 000 professionnels du génie de toutes les disciplines, à l'exception du génie forestier.
      Mission
      L'Ordre a comme mission d'assurer la protection du public en contrôlant l'exercice de la profession dans le cadre de lois constitutives de l'Ordre et de mettre la profession au service de l'intérêt du public.

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